%% =============================================================
%%  Lire les notes — la portée, les clés, le do central
%%  Guide de référence, composé en LaTeX, gravures LilyPond
%% =============================================================
%%
%%  Les figures (gravures/l-*.cropped.pdf), le tableau des repères,
%%  la portée de onze lignes et les réponses des exercices
%%  (gravures/lecture-*.tex) sont produits par
%%  outils/generer_lecture.py, à partir du modèle de hauteurs des
%%  autres guides (outils/gammes.py). Voir le colophon en dernière page.
%%
\documentclass[a4paper,11pt]{article}

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% ---- Couleurs, reprises du document des accords de guitare ---------
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% ---- En-tête et pied -----------------------------------------------
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% ---- Titres de section ---------------------------------------------
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  \colorbox{navy}{%
    \parbox[c][17pt]{\dimexpr\linewidth-2\fboxsep\relax}{%
      \color{white}\hspace{6pt}\bfseries\normalsize #1}}%
}
\titleformat{\section}[block]{\normalfont}{}{0pt}{\navysect}
\titlespacing*{\section}{0pt}{16pt}{10pt}

% ---- Encadré de remarque -------------------------------------------
\newmdenv[linecolor=navy, linewidth=0.5pt, backgroundcolor=lightnavy,
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  innerleftmargin=8pt, innerrightmargin=8pt,
  skipabove=8pt, skipbelow=8pt]{remarque}

% ---- Figure gravée ---------------------------------------------------
% Figure gravée, à la largeur donnée (part de la ligne), avec sa légende.
% Le tout tient dans une minipage : figure et légende ne sont jamais
% séparées par un saut de page.
\newcommand{\gravure}[3]{%
  \par\medskip\noindent
  \begin{minipage}{\linewidth}
    \centering
    \includegraphics[width=#2\linewidth]{#1.cropped.pdf}\\[4pt]
    {\small\itshape\color{mygray} #3}
  \end{minipage}\par\medskip
}

% Légende seule, sous une figure TikZ ou un tableau.
\newcommand{\legende}[1]{\\[4pt]{\small\itshape\color{mygray} #1}}

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\begin{document}

% =====================================================================
\begin{titlepage}
\centering
\vspace*{3cm}
{\Huge\bfseries\color{navy} Lire les notes\par}
\vspace{0.6cm}
{\LARGE\color{navy} La portée, les clés, le do central\par}
\vspace{1.4cm}
{\large De la position au nom\par}
\vspace{2.5cm}
\includegraphics[width=0.6\linewidth]{l-grande-portee.cropped.pdf}
\vfill
{\small\color{mygray}
Gravures LilyPond, composition \LaTeX.\par}
\vspace{1cm}
\end{titlepage}

\tableofcontents
\newpage

% =====================================================================
\section{Avant-propos}

Une note s'écrit par sa position sur la portée, et la clé dit quelle note
occupe chaque position : elle en nomme une, les autres s'en déduisent en
comptant. Lire, c'est d'abord compter à partir de la clé, puis, à force de
repères, ne plus compter. Les altérations, enfin, haussent ou baissent une note
sans changer sa position.

À lire avant
\href{https://www.slashbin.net/musique/theorie/intervalles.pdf}{\emph{Les
intervalles — du demi-ton à l'octave}}, qui suppose les notes connues en
clé~de~sol. Au programme de matières théoriques de l'École de musique
Vincent-d'Indy, ces notions relèvent des niveaux 1, 2, 3 et 6.

\begin{remarque}
\textbf{Conventions.} Les notes sont nommées en français : do, ré, mi, fa,
sol, la, si. Quand l'octave compte, un numéro suit le nom, à la française : le
do central du piano est le \emph{do3}, le do de l'octave au-dessus le do4. La
notation scientifique numérote un cran plus haut et l'écrit C4, mais certains
logiciels l'appellent C3 ;
\href{https://www.slashbin.net/musique/theorie/frequences.pdf}{\emph{Les
fréquences}} comparent ces usages.
\end{remarque}

% =====================================================================
\section{La portée}
\label{sec:portee}

\textbf{Cinq lignes, quatre interlignes.} La musique s'écrit sur une
\emph{portée} : cinq lignes horizontales, également espacées, et les quatre
espaces qui les séparent, les \emph{interlignes}. Les unes et les autres se
numérotent de bas en haut : la première ligne est la plus basse, le quatrième
interligne le plus haut.

\begin{center}
\begin{tikzpicture}[x=1cm, y=0.5cm, font=\small]
  \foreach \y/\rg in {0/1re, 1/2e, 2/3e, 3/4e, 4/5e} {
    \draw[line width=0.5pt] (0,\y) -- (6,\y);
    \node[right] at (6.15,\y) {\rg~ligne};
  }
  \foreach \y/\rg in {0/1er, 1/2e, 2/3e, 3/4e} {
    \node[left, mygray] at (-0.15,\y+0.5) {\rg~interligne};
  }
  \foreach \y/\rg in {5/1re, 6/2e} {
    \draw[accent, line width=0.5pt] (2.6,\y) -- (3.4,\y);
    \node[right, accent] at (3.55,\y) {\rg~ligne supplémentaire au-dessus};
  }
  \foreach \y/\rg in {-1/1re, -2/2e} {
    \draw[accent, line width=0.5pt] (2.6,\y) -- (3.4,\y);
    \node[right, accent] at (3.55,\y) {\rg~ligne supplémentaire au-dessous};
  }
\end{tikzpicture}
\legende{La portée. Lignes et interlignes se comptent de bas en haut ; les
lignes supplémentaires, en s'éloignant de la portée.}
\end{center}

\textbf{Chaque position est une note.} Une note s'écrit sur une ligne, que sa
tête traverse, ou dans un interligne, entre deux lignes. En montant, les
positions alternent : ligne, interligne, ligne… Passer d'une position à la
suivante, c'est passer d'une note à sa voisine. La portée en offre ainsi onze
sans rien ajouter : ses cinq lignes et ses quatre interlignes, plus une
position juste au-dessous de la première ligne et une juste au-dessus de la
cinquième.

\textbf{Les lignes supplémentaires.} Plus haut ou plus bas, on trace de
courtes lignes, le temps d'une note : les \emph{lignes supplémentaires}. Elles
se numérotent en s'éloignant de la portée --- la première au-dessus est la plus
proche de la cinquième ligne, la première au-dessous la plus proche de la
première ---, et les interlignes qu'elles délimitent de même. Au-delà de trois
ou quatre, elles se lisent mal. On écrit alors les notes une octave plus près
de la portée, sous le \emph{signe d'octave} 8\textsuperscript{va}, qui les
fait jouer une octave plus haut (8\textsuperscript{vb}, sous la portée, une
octave plus bas). Une ligne pointillée en marque l'étendue ; le mot
\emph{loco} confirme parfois le retour à la hauteur écrite. On peut aussi
changer de clé (section~\ref{sec:cles}).

% =====================================================================
\section{Les noms des notes}
\label{sec:noms}

\textbf{Sept noms, en cycle.} Les notes portent sept noms, toujours dans le
même ordre : do, ré, mi, fa, sol, la, si. Après si revient do, et le cycle
reprend. Monter d'une position sur la portée, c'est prendre le nom suivant ;
descendre, le précédent.

\gravure{l-sol-montee}{1}{En clé de sol, du do central au do deux octaves plus
haut : une position de plus, un nom de plus.}

\gravure{l-fa-descente}{1}{En clé de fa, du do central au do deux octaves plus
bas.}

\textbf{L'octave.} Sept positions plus haut --- huit notes en comptant celle de
départ, d'où son nom ---, le même nom revient : c'est l'\emph{octave}. Les deux notes sonnent si semblables que l'oreille les entend
comme une même note, l'une plus aiguë que l'autre. Le numéro qui suit le nom
distingue les octaves, et il change au do : do3, ré3… si3, puis do4. Sur la
portée, une note et son octave ne sont jamais toutes deux sur une ligne : sept
positions mènent d'une ligne à un interligne, et d'un interligne à une ligne.

\textbf{Le diapason.} Le nom et le numéro d'octave situent une note ; sa
hauteur exacte se règle sur une note de référence, le \emph{diapason}. C'est
aujourd'hui le la3, au deuxième interligne de la clé de sol, qui vibre 440 fois
par seconde : 440~hertz. Le même mot désigne la petite fourche d'acier qui donne
ce la. \href{https://www.slashbin.net/musique/theorie/frequences.pdf}{\emph{Les
fréquences}} expliquent ce que mesure ce nombre.

\textbf{D'une ligne à la suivante.} Entre deux lignes voisines, on saute une
note : les lignes de la clé de sol portent mi, sol, si, ré, fa, et ses
interlignes fa, la, do, mi. Cette distance de trois noms, départ et arrivée
compris, est une \emph{tierce} ;
\href{https://www.slashbin.net/musique/theorie/intervalles.pdf}{\emph{Les
intervalles}} l'étudient avec les autres distances entre deux notes.

% =====================================================================
\section{Les clés}
\label{sec:cles}

Sans clé, la portée ne dit pas quelle note occupe quelle position. La
\emph{clé}, tracée au début de chaque ligne de musique, en fixe une : elle
donne son nom à la ligne sur laquelle elle est posée, et désigne une note
précise, dans une octave précise. Les autres positions s'en déduisent en
comptant.

\par\medskip\noindent
\begin{minipage}{\linewidth}
\centering
\input{gravures/lecture-cles.tex}
\legende{Les sept clés et ce que chacune désigne : la note et la ligne qui la
porte. Les quatre clés d'ut désignent le même do, le do central ; les deux clés
de fa, le même fa.}
\end{minipage}\par\medskip

\textbf{La clé de sol} s'enroule autour de la deuxième ligne, d'où son nom
complet de clé de sol 2\textsuperscript{e} ligne : cette ligne porte le sol3,
le premier sol au-dessus du do central. C'est la clé de l'aigu : voix de femme
et d'enfant, violon, flûte, main droite du piano.

\textbf{La clé de fa} pose ses deux points de part et d'autre de la ligne du
fa2, le premier fa au-dessous du do central. Sur la quatrième ligne, c'est la
clé du grave : voix de basse et de baryton, violoncelle, contrebasse, basson,
main gauche du piano. Sur la troisième, elle a noté la voix de baryton ; on ne
la rencontre plus guère que dans les partitions anciennes et en solfège.

\textbf{Les clés d'ut} désignent le do central lui-même, sur la ligne qu'elles
encadrent. Chacune notait autrefois une voix, dont elle porte encore le nom dans
d'autres langues : soprano sur la première ligne, mezzo-soprano sur la
deuxième, alto sur la troisième, ténor sur la quatrième. Aujourd'hui, l'alto
lit la clé d'ut 3\textsuperscript{e} ligne, et le violoncelle, le basson et le
trombone passent à la 4\textsuperscript{e} pour leur aigu : entre les deux
clés principales, elles épargnent les lignes supplémentaires. La clé d'ut
1\textsuperscript{re} ligne reste pratiquée en solfège.

\textbf{Sept clés, sept noms.} Rangées de la plus aiguë à la plus grave ---
sol 2\textsuperscript{e} ligne ; ut 1\textsuperscript{re},
2\textsuperscript{e}, 3\textsuperscript{e} et 4\textsuperscript{e} lignes ;
fa 3\textsuperscript{e} et 4\textsuperscript{e} lignes ---, les clés font
descendre d'une tierce, de l'une à la suivante, la note de chaque position : la
première ligne porte mi3, do3, la2, fa2, ré2, si1, puis sol1. Les sept noms y
passent chacun une fois, et il en va de même à toute position : selon la clé
placée devant elle, une même note écrite peut recevoir n'importe quel nom.
C'est le principe de la transposition à l'aide des clés ;
\href{https://www.slashbin.net/musique/theorie/tonalites.pdf}{\emph{Les
tonalités}} traitent de la transposition.

\textbf{La clé de sol octaviée} porte un petit 8 sous la clé : on lit comme en
clé de sol, mais tout sonne une octave plus bas. C'est la clé de la voix de
ténor dans les partitions de chœur d'aujourd'hui. La guitare, qui sonne elle
aussi une octave sous la note écrite, l'emploie parfois, et se contente le plus
souvent de la clé de sol ordinaire.

\par\medskip\noindent
\begin{minipage}{\linewidth}
\centering
\begin{tabular*}{0.62\linewidth}{@{\extracolsep{\fill}}cc@{}}
\includegraphics{l-cle-sol8.cropped.pdf} &
\includegraphics{l-ottava.cropped.pdf} \\[2pt]
\small clé de sol octaviée & \small signe d'octave \\
\small\color{mygray} sol3 écrit, sol2 joué &
\small\color{mygray} do4 à fa4 écrits, do5 à fa5 joués \\
\end{tabular*}
\legende{La clé octaviée déplace toute la portée d'une octave vers le grave ;
le signe d'octave, les seules notes qu'il couvre, ici vers l'aigu.}
\end{minipage}\par\medskip

\begin{remarque}
\textbf{Clé d'octave.} Le terme varie selon les ouvrages : il désigne tantôt
la clé octaviée, tantôt le signe d'octave de la section~\ref{sec:portee}. Les
deux déplacent d'une octave la hauteur jouée sans rien changer à la lecture.
\end{remarque}

% =====================================================================
\section{Le do central et la grande portée}
\label{sec:do}

\textbf{Le do central.} Le do le plus proche du milieu du clavier s'appelle le
\emph{do central} : c'est le do3. Il tombe entre les deux clés principales :
sur la première ligne supplémentaire au-dessous en clé de sol, sur la première
au-dessus en clé de fa.

\textbf{Une portée de onze lignes.} Les cinq lignes de la clé de fa, la ligne
du do central et les cinq lignes de la clé de sol forment ensemble une seule
portée de onze lignes, toutes à une tierce l'une de l'autre. La musique pour
piano en garde les deux groupes de cinq et ne trace la ligne du milieu qu'en
ligne supplémentaire, quand une note s'y pose. Le sol3 de la clé de sol est
deux lignes au-dessus du do central, le fa2 de la clé de fa deux lignes
au-dessous.

\begin{center}
\input{gravures/lecture-onze-lignes.tex}
\legende{Les onze lignes de la grande portée. En pointillé, la ligne du do
central, tracée seulement quand une note s'y pose.}
\end{center}

\textbf{L'accolade.} Quand un instrument lit les deux clés à la fois ---
piano, harpe, orgue ---, ses deux portées sont reliées par une
\emph{accolade} : la clé de sol en haut, pour la main droite, la clé de fa en
bas, pour la main gauche. Le do central appartient aux deux portées ; on
l'écrit dans celle de la main qui le joue.

\gravure{l-grande-portee}{0.75}{Le do central, écrit dans chaque portée, puis
une gamme de fa2 à sol3 qui passe de la clé de fa à la clé de sol.}

% =====================================================================
\section{Lire sans compter}
\label{sec:reperes}

Compter à partir de la clé fonctionne toujours, mais lentement. Quelques
repères suffisent bientôt.

\begin{center}
\input{gravures/lecture-reperes.tex}
\legende{Les notes des lignes et des interlignes, dans les sept clés. D'une
ligne du tableau à la suivante, chaque note descend d'une tierce.}
\end{center}

\textbf{Trois do.} Le do central, sur la première ligne supplémentaire, en
clé de sol comme en clé de fa ; le do4, au troisième interligne de la clé de sol ; le do2, au
deuxième interligne de la clé de fa. Les deux derniers sont à une octave du do
central, de part et d'autre.

\textbf{D'une clé à l'autre.} À position égale, la clé de fa nomme la note
deux noms plus loin que la clé de sol : la première ligne, mi en clé de sol,
est sol en clé de fa ; le deuxième interligne, la en clé de sol, est do en clé
de fa. La note est aussi bien plus grave, de près de deux octaves. La clé d'ut
1\textsuperscript{re} ligne, elle, nomme la note deux noms avant la clé de sol,
et une tierce seulement plus bas : la première ligne, mi3 en clé de sol, y porte
do3.

% =====================================================================
\section{Les altérations}
\label{sec:alterations}

\textbf{Le demi-ton.} Sept noms ne suffisent pas à tous les sons : entre do et
ré, le clavier du piano place une touche noire. L'écart entre deux touches
voisines, blanche ou noire, est le \emph{demi-ton} ; deux demi-tons font un
\emph{ton}. Mi et fa, si et do n'ont pas de touche noire entre eux : ils ne
sont qu'à un demi-ton l'un de l'autre, les autres notes voisines à un ton.
\href{https://www.slashbin.net/musique/theorie/intervalles.pdf}{\emph{Les
intervalles}} mesurent ainsi toute distance entre deux notes.

\textbf{Trois signes.} Une \emph{altération} change la hauteur d'une note sans
changer sa position sur la portée. Le \emph{dièse} ($\sharp$) la hausse d'un
demi-ton, le \emph{bémol} ($\flat$) la baisse d'un demi-ton, le \emph{bécarre}
($\natural$) annule l'un ou l'autre et rend la note \emph{naturelle}. La note
garde son nom, suivi de celui de l'altération : fa dièse, si bémol.

\textbf{Les doubles altérations.} Le \emph{double dièse}, une petite croix,
hausse la note d'un ton ; le \emph{double bémol}, deux bémols accolés, la
baisse d'un ton. On les rencontre sur une note que l'armure altère déjà, ou
quand une gamme les exige. Pour revenir d'un double dièse à un dièse simple, on
écrit aujourd'hui un dièse ; l'usage ancien faisait précéder ce dièse d'un
bécarre.

\gravure{l-alterations}{0.85}{Sol et ses altérations, dans une même mesure :
chaque signe vaut jusqu'au suivant, et le bécarre final efface le double
bémol. Le double dièse fait entendre la, le double bémol fa.}

\textbf{Devant la note.} L'altération s'écrit à gauche de la tête de la note,
sur la même ligne ou dans le même interligne : on la lit avant la note qu'elle
modifie. On la dit pourtant après : on lit « fa dièse ».

\textbf{L'altération accidentelle.} Écrite en cours de morceau, une altération
est dite \emph{accidentelle}. Elle vaut pour la note qu'elle précède et pour
les notes qui occupent la même position dans la suite de la mesure ; la barre
de mesure l'efface. Elle ne touche que cette position : la même note une octave
plus haut ou plus bas, sur une autre ligne, n'est pas altérée. Elle ne touche
aussi que sa portée : au piano, un dièse de la main droite laisse la main gauche
en l'état. Seule exception à la barre : une note altérée \emph{liée} à la même
note, par-dessus la barre, la prolonge avec son altération, sans qu'on la
réécrive. La liaison ne vaut que pour la note liée.

\par\medskip\noindent
\begin{minipage}{\linewidth}
\centering
\begin{tabular*}{\linewidth}{@{\extracolsep{\fill}}cc@{}}
\includegraphics[width=0.44\linewidth]{l-accidentelle.cropped.pdf} &
\includegraphics[width=0.46\linewidth]{l-liaison.cropped.pdf} \\
\end{tabular*}
\legende{À gauche, le dièse court jusqu'à la barre : le fa du premier
interligne, sans signe, est encore dièse ; celui de la cinquième ligne ne l'est
pas ; après la barre, fa redevient naturel. À droite, le fa dièse lié passe la
barre ; le fa suivant, sans liaison, est naturel.}
\end{minipage}\par\medskip

\textbf{L'armure.} Les altérations qui reviennent tout au long d'un morceau
s'écrivent une fois pour toutes après la clé, au début de chaque portée : c'est
l'\emph{armure}, et ses altérations sont dites \emph{constitutives}, ou à la
clé. Elles valent à toutes les octaves, pendant tout le morceau ou jusqu'à un
changement d'armure. Les dièses s'y rangent toujours dans le même ordre --- fa,
do, sol, ré, la, mi, si ---, les bémols dans l'ordre inverse --- si, mi, la, ré,
sol, do, fa. \href{https://www.slashbin.net/musique/theorie/gammes.pdf}{\emph{Les
gammes}} expliquent cet ordre, et comment l'armure désigne la tonalité.

\textbf{Pas de cumul.} Une altération accidentelle ne s'ajoute pas à celle de
l'armure : elle la remplace, pour sa position et jusqu'à la barre. En sol
majeur, dont l'armure porte fa dièse, un bécarre rend fa naturel ; un double
dièse donne fa double dièse, un demi-ton seulement au-dessus du fa dièse de
l'armure.

\gravure{l-armure}{0.65}{En sol majeur, l'armure hausse tous les fa, à toutes
les octaves. Le bécarre rend fa naturel jusqu'à la barre ; après elle,
l'armure reprend ses droits. Le double dièse remplace son dièse sans s'y
ajouter.}

\textbf{L'altération de précaution.} La règle suffit, mais le lecteur hésite
parfois : sur la même note à une autre octave, ou après une barre qui a effacé
un dièse. On y écrit alors une altération que rien n'oblige à écrire,
l'\emph{altération de précaution}, souvent entre parenthèses. Elle ne change
rien au son : elle le confirme.

\gravure{l-precaution}{0.30}{Deux bécarres de précaution, le second entre
parenthèses. Sans eux, ces deux fa seraient déjà naturels.}

\textbf{Même son, autre nom.} Mi dièse sonne comme fa, do double dièse comme
ré : au piano, ce sont les mêmes touches. Deux noms d'un même son sont dits
\emph{enharmoniques} ; \emph{Les intervalles} montrent comment l'écriture
choisit entre eux.

% =====================================================================
\section{S'exercer}
\label{sec:exercices}

Les notes des trois premières portées sont à nommer avec leur numéro d'octave ;
celles de la dernière, avec leur altération, en tenant compte de l'armure et
des barres de mesure. Les réponses suivent.

\gravure{l-exercice-sol}{1}{En clé de sol.}

\gravure{l-exercice-fa}{1}{En clé de fa.}

\gravure{l-exercice-ut1}{1}{En clé d'ut 1\textsuperscript{re} ligne.}

\gravure{l-exercice-alterations}{0.94}{En fa majeur : l'armure porte si bémol.}

% Les réponses ne se coupent pas : elles passent ensemble sur la page suivante.
\begin{remarque}[nobreak=true]
\textbf{Réponses.}

\input{gravures/lecture-reponses.tex}
\end{remarque}

% =====================================================================
\section*{Colophon}
\addcontentsline{toc}{section}{Colophon}

Les gravures musicales sont produites par \textbf{LilyPond}, la composition
par \textbf{\LaTeX}. Les figures, le tableau des clés, celui des repères, la
portée de onze lignes et les réponses des exercices dérivent du modèle de
hauteurs des autres guides, le module \texttt{gammes.py} du dossier
\texttt{outils}, et d'une seule donnée par clé : la ligne qu'elle désigne et la
note qu'elle y place. Les altérations s'y lisent selon une règle, et les noms
gravés sous les notes sont ceux qu'elle donne. Avant d'écrire quoi que ce soit,
le générateur vérifie ce que le texte affirme : la place du do central dans
chaque clé, les onze lignes de la grande portée, l'écart de deux noms entre la
clé de sol et la clé de fa, la tierce qui sépare chaque clé de la suivante, le
demi-ton de chaque altération, l'altération accidentelle bornée à sa position
et à sa mesure, la liaison qui la prolonge, l'armure qu'elle remplace sans s'y
ajouter, et chaque signe gravé exigé par la règle, sauf ceux de précaution.
Pour régénérer l'ensemble :

\begin{center}
\texttt{python3 outils/generer\_lecture.py}\\
\texttt{(cd gravures \&\& lilypond -dcrop --formats=pdf l-*.ly)}\\
\texttt{pdflatex lecture.tex}
\end{center}

\end{document}
