Il faut se voiler la face pour ne pas être au fait des débats qui éclosent en Occident face à la montée de l'Islam, débats mêlés de peurs, d'incompréhension, de sentiments anti-religieux. La laïcité et la montée de l'athéisme dans les peuples européens et d'Amérique du Nord n'a pas fait disparaître cette crainte de l'Islam, et même si nous sommes loin du temps des croisades, la défiance reste de mise. Faut-il pour autant bannir par constitution les minarets comme en Suisse, éléments architecturaux de toute manière régis par les règlements d'urbanismes? Quelques pierres montées en tour justifient-elles une lapidation de toute une religion? Car si le Christianisme baisse en occident, le soif de foi est loin d'être étanchée. Ne pouvons-nous dès lors reconnaître le droit à d'autres personnes d'avoir leurs propres croyances, peut importe que nous y adhérions ou non? Dans une réalité qui ne permet ni d'affirmer, ni d'infirmer la présence de "quelque chose" de transcensant (chacun lira des signes à sa manière), comment pourrions interdire les pratiques religieuses? Ne serait-ce pas agir ainsi de manière liberticide, en tentant d'imposer nos propres convictions, ou du moins, des idées que nous jugeons acceptables? Il semble que parfoit l'Islam soit devenir le symbole de toutes nos frustrations, au lieu de chercher en nous-mêmes les motifs de nos problèmes.
Certes, mais accepter l'Islam ne doit pas non plus nous conduire à accepter tout et n'importe quoi. Il ne s'agit pas de poser un nouveau code de conduite d'Hérouxville, mais de s'interroger si tout doit être accepté au nom de la tolérance. Si la liberté de penser (et donc de religion) semble s'imposer, il ne faut pas oublier qu'elle s'arrête là où commence celle des autres. Et dans une société laïque, le foi ne peut se poser en acte politique. C'est pourquoi le débat qui se déroule aujourd'hui en France sur la Burqa ne peut qu'interpeller. S'il est facile de tolérer le hijab, en est-il de même du niqab ou la burqa? Le hijab traduit clairement une convection religeuse, et est souvent porté volontairement. Quel préjudice une femme porte-t-elle à la société s'il s'agit de l'expression de son libre arbitre? Certains hijabs se couvrent de motifs et prennent des couleurs qui en font même un accessoire de mode sympathique. A l'inverse, le niquab, et surtout la burqua, isole la femme du monde, la soustrait à la société dont elle fait partie. Ce choix est rarement personnel, et de plus ne correspond pas à une expression religieuse (ces tenues servaient à l'origine pour se protéger des tempêtes de sable). «J'ai vécu 20 ans dans un pays musulman et je n'ai jamais vu, en Algérie, des musulmans s'habiller de cette façon. Ce vêtement n'est pas greffé dans l'Islam», affirme ainsi Djemila Benhabib.
Peut-on tolérer dès lors de telles tenues dans nos sociétés occidentales? J'avoue éprouver un certain malaise, et apporter une réponse négative à cette question. Tout se qui retire de la liberté à une personne contre le gré de sa volonté, et en dehors de raisons propres à maintenir l'ordre publique, est condamnable. Pour que les accomodements raisonnables ne deviennent pas déraisonnables, il faut rejeter tout mouvement extrême, d'une minorité dans la minorité, au risque sinon de confondre celle-ci dans son intégralité, ce qui aura pour conséquence une plus forte fracture sociale, et une intégration ratée.
Le Canada serait avisé de suivre la demande du Muslim Canadian Congress dans sa demande d'interdiction de la burqa. Les musulmans eux-mêmes ont compris qu'une vie harmonieuse dans la société multiculturelle canadienne signifie mettre un frein aux véléités d'une petite frange extrémiste, laquelle n'a pas sa place en ces terres. Je ne peux m'aligner sur la position d'Ignatieff quand il déclare qu'il fallait respecter les femmes dans leur choix de porter ou non la burqa. La burqa ne respecte pas la femme, et émane très rarement de son choix. Si nous souhaitons une société où les individus peuvent s'épanouir, il convient de s'opposer aux carcans que certains souhaitent imposer, même si le geste politique en découlant est fort et délicat. Mais ce n'est qu'à ce prix que nous pourrons vivre ensemble, forts de nos différences.
Certes, mais accepter l'Islam ne doit pas non plus nous conduire à accepter tout et n'importe quoi. Il ne s'agit pas de poser un nouveau code de conduite d'Hérouxville, mais de s'interroger si tout doit être accepté au nom de la tolérance. Si la liberté de penser (et donc de religion) semble s'imposer, il ne faut pas oublier qu'elle s'arrête là où commence celle des autres. Et dans une société laïque, le foi ne peut se poser en acte politique. C'est pourquoi le débat qui se déroule aujourd'hui en France sur la Burqa ne peut qu'interpeller. S'il est facile de tolérer le hijab, en est-il de même du niqab ou la burqa? Le hijab traduit clairement une convection religeuse, et est souvent porté volontairement. Quel préjudice une femme porte-t-elle à la société s'il s'agit de l'expression de son libre arbitre? Certains hijabs se couvrent de motifs et prennent des couleurs qui en font même un accessoire de mode sympathique. A l'inverse, le niquab, et surtout la burqua, isole la femme du monde, la soustrait à la société dont elle fait partie. Ce choix est rarement personnel, et de plus ne correspond pas à une expression religieuse (ces tenues servaient à l'origine pour se protéger des tempêtes de sable). «J'ai vécu 20 ans dans un pays musulman et je n'ai jamais vu, en Algérie, des musulmans s'habiller de cette façon. Ce vêtement n'est pas greffé dans l'Islam», affirme ainsi Djemila Benhabib.
Peut-on tolérer dès lors de telles tenues dans nos sociétés occidentales? J'avoue éprouver un certain malaise, et apporter une réponse négative à cette question. Tout se qui retire de la liberté à une personne contre le gré de sa volonté, et en dehors de raisons propres à maintenir l'ordre publique, est condamnable. Pour que les accomodements raisonnables ne deviennent pas déraisonnables, il faut rejeter tout mouvement extrême, d'une minorité dans la minorité, au risque sinon de confondre celle-ci dans son intégralité, ce qui aura pour conséquence une plus forte fracture sociale, et une intégration ratée.
Le Canada serait avisé de suivre la demande du Muslim Canadian Congress dans sa demande d'interdiction de la burqa. Les musulmans eux-mêmes ont compris qu'une vie harmonieuse dans la société multiculturelle canadienne signifie mettre un frein aux véléités d'une petite frange extrémiste, laquelle n'a pas sa place en ces terres. Je ne peux m'aligner sur la position d'Ignatieff quand il déclare qu'il fallait respecter les femmes dans leur choix de porter ou non la burqa. La burqa ne respecte pas la femme, et émane très rarement de son choix. Si nous souhaitons une société où les individus peuvent s'épanouir, il convient de s'opposer aux carcans que certains souhaitent imposer, même si le geste politique en découlant est fort et délicat. Mais ce n'est qu'à ce prix que nous pourrons vivre ensemble, forts de nos différences.
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