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Je me souviens... 

Telle est la devise du Québec, qui résogne étrangement comme se termine cette journée du 11 novembre, placée sous le signe du coquelicot. 90 années déjà que l'armistice était signée à Compienne, mettant offciellement fin à la première guerre mondiale, boucherie de tranchées, comme la guerre s'embourbait et l'ère industrielle annoncait l'avènement des moyens de destruction massive, depuis les obus en passant par les premières armes chimiques. Mais depuis, qu'avons-nous appris? La deuxième guerre mondiale, si elle fit moins de morts parmis la jeunesse envoyée au front, déplaça le champ d'horreur dans le milieu civil. Certes, depuis, aucun conflit n'a pris l'envergure mondiale qui a caractérisée ces deux conflits, mais à l'heure où se sont terminées les élections américaines qui nous ont rappelées côté américain la peur du terrorisme, apogée du glissement des luttes armées vers les armées irrégulières et les peuples pris au pièges, comment ne pas ressentir un certain malaise en réalisant que finalement, peu a changé. Et encore aujourd'hui, combien de jeunes hommes et femmes tombent suite à des idéaux de protection des innocents, ou simplement par goût de l'aventure, ou bien même pour lutter contre la désoeuvrement qui accompagne souvent la pauvreté. Combien de vie gâchées pour quelque volonté imbécile de domination, d'appropriation, d'orgueil mal placé? Le monde continuera sa route, et si la technologie modifie les formes, quand le fond sera-t-il changé?

Pour conclure, un petit détour sur le coquelicot, arboré au Canada en mémoire des soldats disparus, quelque soit la guerre considére, symbole peu présent en Europe, en particulier en Belgique alors que l'origine de ce symbole est flamande. La réponse suivante est tirée de Radio-Canada:

Le coquelicot est un symbole international à la mémoire de ceux qui sont morts à la guerre. Son origine est aussi internationale. Un écrivain fut le premier à établir un rapport entre le coquelicot et les champs de batailles durant les guerres napoléoniennes du début du 19e siècle. Il remarqua que les champs qui étaient nus avant le combat se couvraient de fleurs rouge sang après la bataille. Avant la première guerre peu de coquelicots poussaient en Flandres. Durant les terribles bombardements de cette guerre, les terrains crayeux devinrent riches en poussières de chaux favorisant ainsi la venue des coquelicots. La guerre finie, la chaux fut rapidement absorbée et les coquelicots disparurent de nouveau. Le Lieutenant-Colonel John McCrae, un médecin militaire canadien, établit le même rapport entre le coquelicot et les champs de batailles et écrivit son célèbre poème In Flanders Fields (Dans les champs des Flandres). Le coquelicot devint rapidement le symbole des soldats morts au combat.


In Flanders fields
John Mc Crae, 1915


In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.
We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved, and were loved, and now we lie
In Flanders fields.
Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

Il existe aussi une version en français écrite par le Canadien Jean Pariseau:

Au champ d’honneur

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici,
Au champ d’honneur.
À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

Si vous aimez la poésie, bien que dans le cas présent ils s'agissent de textes difficiles, je vous invite à lire un texte de ma composition, rédigé en 2003: Crépuscule.

Et signe s'il en est que la poésie le 11 novembre ne touche pas que la "grande guerre", écoutez la complainte du Sgt McKenzie, qui servi de musique au film We were soliders.



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